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SOLITUDE


Solitude implacable dit le poète, je te maudis
C’est lui qui souffle à mon oreille cet aphorisme
Mais un autre, chanteur, lui
N’est pas du tout du même avis.

La solitude, ça n’existe pas s’écrie le chanteur
Eh bien, oui ! la solitude , ça existe !C’est le corollaire
De l’indifférence qui est elle-même le contraire
De l’amour. Ceci a été émis par un penseur.

J’ai connu la solitude d’une chambre d’hôtel,
Où personne ne venait car c’était défendu
De recevoir quelqu’un dans ce pauvre logis de mes débuts.
Il n’y avait même pas d’évier pour faire la vaisselle.

A Paris, il fallait bien trouver un toit
Car j’arrivais de ma terre natale bien-aimée
Je louais une chambre au mois
Même au prix que valait la journée.

J’aurais pu choisir une carrière de renom
Eh bien non ! grand bien me fasse !
A Paris, il me fallait retourner en classe
Pour apprendre âprement de nouvelles notions

Je voulais ce terrain de chasse
Qu’était Paris pour les étudiants postiers
J’aspirai à une situation stable sans relâche
Devenir fonctionnaire et nouer de vraies amitiés.

Après huit mois d’études rondement menées
Nous entr’aperçûmes la fin de la solitude
Certains allaient rencontrer leur bien-aimée
Nous avions aussi quitté l’adolescence et ses certitudes.

Pour devenir une personne adulte, en puissance
Homme de savoir et de science.



Gilbert MORALLI
(AVRIL 1991)







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