
CHALEUR
Une chape de plomb fondu s’abat sur la ville.
A l’heure méridienne, quand tout est tranquille,
Elle nous étouffe dans ses moites vapeurs
Comme si elle voulait nous faire peur.
Dans les maisons, la guerre des fenêtres est ouverte :
Doit-on les ouvrir grandes pour créer des courants d’air
Ou bien tout fermer pour s’isoler comme en hiver
Conservant au plus frais un logis où poussent des plantes vertes ?
Dans les rues, dehors, l’air est si épais
Qu’il faudrait un couteau pour se tailler un passage.
Ce n’est pas normal, ça sent l’orage !
La bonne pluie viendra mais seulement à la fin de l’été.
Parfois le vent souffle et siffle en rafales
Puis s’apaise et se calme un moment ;
Sur le tard, un petit vent frais venu d’Occident
Vient nous rafraîchir. La température est presque idéale.
Mais le pire, en cette période sèche, c’est la soif !
Elle vous prend et brûle la gorge, le gosier
Elle vous pique, vous irrite avec ses épines de rosier
C’est une véritable maladie, cette terrible soif !
Ah ! Vienne l’automne ! Vienne l’hiver !
Je ne souffrirai plus de la chaleur, de la sécheresse, des courants d’air
La fraîcheur sera la bienvenue
De nouveau, j’aurai survécu.
Gilbert MORALLI (Juillet 1992)
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