
LE RETOUR DU NAVIRE
Quand un marin revient de loin, le matin
Il a en tête une kyrielle de souvenirs lointains,
Dans sa bourse des rouleaux de pièces d’or
Et enfin dans sa soute à bagages son trésor.
Parmi les rouleaux d’or : des louis, des ducats,
Des réaux, des doublons rangés ou en tas.
Des avis du New Music Band s’interfèrent
Dans son crâne dénudé. C’est une cacophonie d’antan
De bal populaire mêlée à la musique des tours de manège.
On entend par les cordages élimés un air de bohème.
Voyons dans le coffre à bagages : sans problème,
Les trophées de foire voisinent avec les objets en caisse.
Torchons, linges, mouchoirs et le reste
S’acoquinent avec trouvailles sans emblème.
Aujourd’hui, loin des temps héroïques, les pétroliers
Vont mazouter sans vergogne dans les eaux sombres
Troublant la paix des souvenirs qu’ils ont souillés
Les navires qui rentrent au port reviennent d’outre-tombe.
Gilbert MORALLI (AVRIL 1991)
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