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A LA PECHE


C’était à l’aube d’un beau jour de printemps,
La météo nous avait prédit du beau temps ;
Comme tous les promeneurs du dimanche et du lundi,
J’arrivais aussitôt sur le lieu-dit.

Une immense pièce d’eau récemment empoissonnée,
Par son propriétaire vendant du poisson vivant.
Les jeunes alevins avaient grandi bien plus qu’avant
Il y en avait tellement que je n’ai pu me raisonner.

Après m’être débarrassé de mon acharnement,
J’ai lancé ma ligne que je tirai de mon « fourmiment ».
Cinq secondes plus tard, je sentis une vive traction
A la hauteur où je tenais la canne, pas le scion.

Bien que néophyte je ferrai instinctivement en laissant aller
Puis je tirai d’un coup sec, et ramenant une ablette couleur blé
Soudain, j’entendis de forts aboiements dans mon dos
Je me retournai et aperçus un énorme molosse très gros.

Il venait me dire que la pêche était interdite
Que faire si je voulais garder mon poisson, il fallait me battre ?
Et pour ce monstre, j’étais plutôt l’homme à abattre
Je choisis la fuite sans gloire, sans poursuite.

Bien m’en a pris car une escouade de quatre jeunes loups
Approchait à grandes enjambées en renfort du vieux fou
Ouf ! il n’était que temps ! je sautai la barrière
Et atterris sur mon derrière.

Et rouge de confusion pour mon malheur
Car peureux jamais je ne fus sauf à cette heure !

La morale de cette fable
C’est qu’il ne faut s’aventurer
Qu’en lieu aimable
Certain de tout danger écarté.



Gilbert MORALLI
(Avril1991)







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