
PARDON
> > > Pour avoir libéré les esclaves à Alger
> > > Après que les soldats du Roi de France en aient chassé le Dey.
> > > Pour tous les marécages asséchés, transformés en vergers,
> > > Pour les terres emblavées sur les sols empierrés.
> > > Pour le nom d'Algérie que la France t'a donné.
> > > Pour tous les chemins tracés et les rails posés
> > > Afin que toutes les campagnes se rapprochent des cités.
> > > Pardon pour les perles que furent Oran, Constantine et Alger
> > > Que de jaloux pays nous ont tant enviées.
> > > Pardon l'Algérie !
> > > Pour avoir construit des écoles, des lycées, des facultés
> > > Afin que les enfants puissent y être formés,
> > > Pour ces barrages élevés, à des canaux reliés
> > > Afin qu'à tous les robinets l'eau douce puisse couler.
> > > Pour les dispensaires et les hôpitaux qui ont été créés
> > > Afin que tes fils puissent y être soignés.
> > > Pour le trachome éradiqué,
> > > Pour les maladies infectieuses endiguées.
> > > Pardon l'Algérie !
> > > Pour toutes les gorges d'innocents tranchées
> > > Pour le massacre d'Oran perpétré un 5 juillet.
> > > Pour tout ce que tu as pris qui ne t'était point donné.
> > > Pour les accords d'Evian que tu as bafoués.
> > > Pour tous les lauriers dont tu t'es parée.
> > > Pour avoir fêté une victoire que tu n'as pas gagnée.
> > > Pour tous mes frères Harkis que tu as suppliciés
> > > Pour le seul tort d'avoir voulu rester Français.
> > > Pardon l'Algérie !
> > > Mais si un jour, toi, peuple algérien manches retroussées,
> > > A l'image de nos pères qui t'ont tout donné,
> > > Tu te mets à rebâtir ces murs lézardés
> > > Par ces vandales qui nous ont succédé
> > > Alors, fier je serai d'avoir été ton frère,
> > > Et si toi, l'Algérien, troquant ton glaive pour l'aire,
> > > Tu te mets à défricher comme l'avaient fait nos pères,
> > > Et bravant les sauterelles, la sécheresse et la poussière
> > > Recommence à semer sans regarder en arrière
> > > Sans quêter des visas pour fuir la misère,
> > > Alors je saurai que je suis pardonné,
> > > Et pourquoi pas rêver dans un élan de paix
> > > Qui t'amène à saisir le rameau d'olivier
> > > À demander pardon à tes frères exilés,
> > > Et reconnaître ensemble tous les bienfaits
> > > Par notre France prodigués
Envoi ANONYME 20 OCTOBRE 2008
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