
LES DERACINES
Ils ont fui leur maison, sans regard en arrière,
Les yeux tout embués par ce coup du destin.
On leur a dit, partez, car de toute manière
Vous n’avez devant vous qu’un avenir incertain.
Que la mer se déchaîne ou que la terre tremble,
Les pauvres gens, toujours, sont les plus démunis.
Certains quittent les leurs, et toujours il leur semble
Que dans d’autres pays ils seront mieux nantis.
Et ces déracinés, à la fin du voyage,
S’ils sont encore en vie, ont cet air égaré
De ceux en qui l’espoir d’atteindre le rivage,
Ou la terre promise, était rêve insensé.
Ils se retrouveront, compagnons d’infortune,
Dans les foyers d’accueil ou les restos du cœur,
Peut-être y feront-ils la rencontre opportune,
Celle qui réconforte et inhibe la peur !
MARIE-THERESE DEVRESSE
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