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POUR NOS PETITS PIEDS GRIS


À tous nos enfants nés ici,
Ceux qui naquirent en Algérie.
Mais arrivés si petits,
Qu’aucun souvenir ne trahit,
L’image qu’il se font de la France.
Si l’on égrène nos souvenirs,
Sans savoir on les fait souffrir.
Comment peuvent-ils imaginer,
Ce que l’on a abandonné ?
Lorsque nous, baissons les paupières,
Nous voyons le soleil, la mer,
Les rues, les arbres et les maisons,
À nos cœurs sont toujours présents.
Si l’on se trouve entre Pieds-Noirs,
Que l’on évoque nos désespoirs,
Ou bien qu’alors avec passion,
Nous retrouvons nos émotions.
Eux sont absents ou agacés,
Car ils ne peuvent crever l’abcès,
Qu’ils ont enfouis au fond du cœur,
Gonflé d’amour et de douleur.
C’est pour cacher cette souffrance,
Qu’ils feignent l’indifférence !
Car même s’ils baissent les paupières,
Ils ne verront qu’une lumière,
Qu’un ciel, un soleil, une mer.
Ce qui a bercé leur enfance,
Fait vibrer leur adolescence.
Il ne faut pas leur en vouloir,
S’ils veulent ignorer notre histoire,
S’ils refusent de nous écouter,
C’est qu’ils n’ont rien à oublier.
À ces jeunes, nous avons donné,
Un cadeau empoisonné,
Enrubanné de désespoir,
Etre nés « Enfants de Pieds-Noirs.



JOSEPHINE COLOMBE
(21 Fevrier 2008)







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