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CHRYSANTHEME


Qui es-tu vieille Algéroise aux yeux éperdus ?
Dans tes larmes étouffées flamboie un pays abattu.

Qui es-tu vieille Oranaise au cœur trop ardent ?
Sur l'argent pâle de tes cheveux s'ombre amour fervent.

Qui es-tu vieille Constantinoise au teint blafard ?
Tes marches s'égarent en tour de ronde et grand rempart.

Qui es-tu vieille Blidéenne au masque altier ?
Dans tes bras graciles roses fanées se voient en premier.

Qui es-tu vieille Bônoise au sein tant oppressé ?
Tes regards passionnés fouillent des sépulcres délaissés.

Qui êtes-vous donc vénérables égarées des pôles ?
Quel fantôme invoquez-vous en toutes nécropoles ?

Qui vous motive l'errance sans fin d'un chrysanthème ?
Ne pas me défraîchir sur mausolées est anathème.

Belle fleur d'octobre, nos âmes en éternel chemin,
N'espèrent plus les tombes perdues, mais la vie au déclin.



Pierre-Charles MAZELLA
( 27 Octobre 2006 )







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