Lire un autre poême






D'ALGER


A presque seize ans portant dans mes bagages,
La glorieuse illusion d'une Patrie reconnaissante.
Je mis le pied sur son sol chéri sans ambages,
Nul laurier me fut offert par Marianne rougissante.

Nous étions ses fils pour bâtir sa grandeur sans faille
Et mourir bravement sur ses champs de bataille.
Mais nous sommes de la tache originelle marquée étranger.
Car nous ne sommes pas de sang de France, mais de sang versé.

J'errais de ville en ville à la recherche d'espoir.
Mais dans chaque rue révélée je vis mon désespoir.
Je fus gens de nul part et sans avenir d'ailleurs.
Porteur d'un fier passé abandonné aux menteurs.

Dans l'errance des chemins empruntés
Fi des blessures éternelles des batailles passées
Comme mes ancêtres jadis fièrement demandés
L'uniforme du serviteur de la Nation j'enrôlais.

Malgré les trente-huit années dévouées et comptées
Malgré les blessures alarmant mon corps exacerbé
Un hobereau hautain et méprisant de sa qualité
Me somma de justifier en ces lieux ma nationalité.

A vous gens de France et des pays rattachés
Fièrement je me proclame Pied-Noir fils d'Alger.



Pierre-Charles MAZELLA
( 22 juin 2006 )







Lire un autre poême