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SOUVIENS-TOI !


Je le dis du bout des lèvres
Je le vie au cours qui s'achève
Je suis, j'en meurt, j'en crève
J'écris dans le vent du djebel
Les mots de notre accent
A fleur d'oreille
Oasis de rêve,
Flot d'encre de mer
Agitant le bleu océan,
Echo de vague en ressac !

Frère Bidaoui et autre
Notre sang fuse encore
Dans nos veines
A travers nos vaisseaux,
Dans nos peines
Traverant nos sanglots,
Arrête toi un instant
Dans la pénombre,
Souviens-toi, qu'il fut une foi
Un pays épicurien et grivois
Ou le seul fait d'être au soleil
Emplissait ton coeur de joie !

Frémissement et murmure
Te voilà comme un pinsson !
Souviens-toi,quand tu descendais
Les marches quatres à quatres
Pour qui, pour quoi !
Pour une brune aux yeux d'agate
Pour une blonde au regard de chatte
Pour une rouquine tout feu tout flamme
A qui tu promettais les jardins d'Allah;
Un tour de manège, une barbe à papa
Qui sait, peut-être, la bague au doigt;
C'était hier à la lumière du chez-soit !

De ta fenêtre, claironnaient ces voix :
D'un vieux Juif achetant n'importe-quoi
Un vendeur de journeaux quotidien
« La vigie ! Le petit Marocain »
Du matin jusqu'au soir, cette litanie Orientale
Proffilant les archades !
Cette terre, qui a pesée de son poid
Alaitant ainsi tes joies, comme il se doit
L'accent qui couvrait nos terrasses;
Rien que pour tout cela, « Souviens-toi »


( 22 OCTOBRE 2005 )







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