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LE DEPART


Le paysage était enveloppé d'une beauté irréelle. Jamais la mer ne m'avait paru aussi belle, elle semblait expirer à mes pieds dans un doux gémissement compatissant
Et puis, il y avait la lune coquette qui se mirait dans cette eau limpide. Les étoiles, la chaleur, ma peine se reflétaient dans le port où les bateaux se berçaient au gré de la brise, et si la lune semblait avoir brisé chandelle, ce n'était que mes larmes qui en étaient la cause, d'un revers de main tout reprenait sa place.
Je caressais le sable comme une amante, j'aurais voulu emporter tant de beauté, tout ce bleu qui ramènerait l'aube, mais je n'ai rapporté que des souvenirs, cette pourriture qui empêche une blessure de guérir.
Et j'ai connu le désespoir et si j'ai bu à la coupe de l'ivresse, si j'ai pris les lèvres de ce garçon qui me souriait, c'était pour fermer les yeux sur une détresse, sur tant de beautés abandonnées.
Si je me suis abrutie de musique et de danses, c'était pour ne pas entendre cette caravelle baptisée " EXIL ".
Cet exil qui allait m'éloigner de toi, ma terre, ma compagne de chaque jour.



Françoise
( 7 août 1968 )







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